LE Mégaoesophage chez le chien et le chat

 

Le mégaoesophage est une dilatation généralisée de l’œsophage associée à une hypomotilité.

On distingue le mégaoesophage congénital et le mégaoesophage acquis.  Il s’agit d’une affection rare, qui concerne plus le chien que le chat.

Les signes cliniques sont des régurgitations : l’animal recrache de l’aliment sans efforts de vomissements. Le délai par rapport au repas est variable. Une pneumonie due à une aspiration secondaire du matériel régurgité peut survenir et se manifester par une baisse de forme, de l’appétit et des symptômes respiratoires.


Le mégaoesophage congénital :

Les signes cliniques apparaissent chez l’animal jeune, généralement avant l’âge de 6 mois. 

Certaines races sont prédisposées : le Dogue Allemand, le Berger Allemand, le Setter Irlandais, le Golden Retriever, le Shar Peï, le Labrador Retriever, le Fox Terrier à poil dur, le Schnauzer nain.

Chez les chats, le Siamois est une race prédisposée.


Le mégaoesophage acquis

Il est secondaire à une autre maladie, que des investigations peuvent réussir à identifier ou non. On parlera de mégaoesophage idiopathique si la cause n’est pas identifiée. Les signes cliniques surviennent sur des animaux plus âgés.

Parmi les affections sous-jacentes, citons la myasthénie grave, maladie auto-immune qui serait la cause de plus de 25% des mégaoesophages acquis, les polymyosites-polymyopathies et polyneuropathies, d’origine inflammatoire, dégénérative ou paranéoplasique. L’hypo-adrénocorticisme ou maladie d’Addison et  l’hypothyroïdie sont également citées.


Le diagnostic

 
Le diagnostic du mégaoesophage se fait par radiographie thoracique, avec éventuellement ingestion d’un repas barythé.

Des examens complémentaires, orientés par l’examen clinique général, seront réalisés afin de rechercher une maladie sous-jacente en cas de mégaoesophage  acquis.


La prise en charge du mégaoesophage

 
La prise en charge de l’animal est hygiénique. Le rôle de l’œsophage est de véhiculer l’aliment depuis la cavité buccale jusqu’à l’estomac. En absence de motilité, la progression du bol alimentaire devra se faire grâce à la gravité. Pour cela, la nourriture est placée en hauteur, et  l’animal est maintenu en position verticale après le repas.  Les repas sont moins copieux et plus fréquents. La consistance est à déterminer selon chaque animal : liquide, semi-solide (croquettes mouillées), solide ou sèche. Ce sont des essais successifs qui  permettront de déterminer l’alimentation  idéale pour chaque animal.

Si une cause est identifiée, son traitement étiologique sera administré.


La récupération est rarement possible. Le but de la prise en charge est d’assurer une ingestion calorique suffisante à l’animal et de prévenir les fausses déglutitions.

Certains mégaoesophages congénitaux peuvent toutefois involuer spontanément.